Idées
La Méthode Ingénieur-Logicien
Ma formation d’ingénieur influence encore ma façon de travailler. Lorsqu’une transformation rencontre des difficultés, mon premier réflexe est de comprendre comment les différentes pièces s’articulent avant de recommander un nouvel outil, un nouveau processus ou un nouveau programme.
Je regarde les données, les processus, la technologie, l’organisation et les personnes qui devront réellement faire fonctionner l’ensemble. Avec le temps, j’ai commencé à appeler cette façon de travailler la Méthode Ingénieur-Logicien.
Ce n’est pas un produit et il n’y a rien de propriétaire là-dedans. Cela vient d’avoir fait le métier depuis trois positions différentes : construire des systèmes RH dans mes premières années, diriger un département RH qui dépendait de systèmes conçus par d’autres, et porter aujourd’hui la responsabilité commerciale et la delivery d’une activité de transformation.
Principes de travail
Les faits
Je préfère partir des faits plutôt que des opinions. Toutes les décisions ne se résument pas à un chiffre, mais les données rendent les hypothèses visibles et donnent au collectif une base concrète de discussion.
L’architecture
Je privilégie les solutions compréhensibles, maintenables et fiables à ce qui impressionne en démonstration mais devient difficile à exploiter.
Les personnes
Une solution ne crée de la valeur que si les équipes peuvent réellement s’en servir dans la réalité de leur travail.
01. Diagnostiquer
Avant de proposer une solution, je cherche à comprendre où se situe réellement le problème. Il est rarement là où se trouve la plainte. Un souci de reporting se révèle souvent être une question de responsabilité sur la donnée. Ce qui ressemble à un rejet d’un nouvel outil est souvent un processus que personne n’a simplifié.
Je passe donc à chaque fois par les mêmes cinq domaines, en évitant de m’arrêter à la première explication convaincante.
Les données
Quelles sont les définitions, qui en est responsable, et la qualité est-elle suffisante pour s’y fier.
Les processus
Ce que le processus est censé être, ce que les équipes font vraiment, et pourquoi le contournement existe.
La technologie
L’architecture, les intégrations, et les contraintes qui ne bougeront pas.
L’organisation
Les rôles, les compétences et l’endroit où se situe vraiment la responsabilité, qui n’est pas toujours celui de l’organigramme.
La gouvernance
Qui décide, à quelle vitesse, et ce qui se passe quand deux sponsors veulent des choses différentes.
02. Architecturer
Une fois le problème clair, je travaille la façon dont les processus, les systèmes, les données et les responsabilités doivent s’articuler. C’est la partie que l’on comprime quand un programme a pris du retard, et elle coûte cher à refaire.
Ce que je cherche, c’est une conception assez précise pour être chiffrée, discutée et refusée. « Une RH plus proche du business » est une intention. Un modèle de service, avec des responsabilités nommées et un modèle de données derrière, est quelque chose qu’un comité peut valider.
Le modèle RH
Ce que la RH fait au centre, ce qui reste local, et ce qu’elle arrête de faire.
Les systèmes
Le système central et les outils autour, ce que l’on paramètre et ce que l’on laisse standard.
Les données
D’où vient chaque information, et ce qui se passe quand deux systèmes se contredisent.
L’IA
Là où elle aide vraiment, ce qu’elle exige des données, et ce qu’une personne continue de décider.
L’exploitation
Qui fait tourner le résultat au quotidien, avec quelles compétences et à quel coût.
03. Faire vivre
Une bonne conception ne suffit pas. Il faut encore que quelqu’un s’en serve, l’exploite et prenne des décisions avec. D’expérience, cette partie reçoit beaucoup moins d’attention que la course à la mise en production, et c’est pourtant là que les bénéfices se gagnent ou se perdent.
Concrètement, cela reste assez simple : une instance qui continue à décider après le départ de l’équipe projet, des responsabilités écrites avant d’être contestées, des compétences acquises avant d’en avoir besoin, et quelques indicateurs validés à l’avance, y compris ceux qui diraient que cela ne fonctionne pas.
Pourquoi ces trois positions comptent
Un ingénieur demande si le système tient. Un dirigeant RH demande si les équipes vont vivre avec. Celui qui porte le budget demande si les chiffres tiennent. J’ai occupé les trois sièges, et les programmes se compliquent quand une seule de ces questions est prise au sérieux.
Ce que c’est, et ce que ce n’est pas
C’est ma façon de travailler, construite sur des programmes réels et ajustée en chemin. Ce n’est pas un référentiel certifié et cela n’a fait l’objet d’aucune validation par une recherche indépendante. À juger sur sa résistance à votre propre situation.
Appliquée au talent, aux compétences et à l’IA, la même façon de travailler donne les frameworks et, à l’échelle d’un livre, La Mort des Skills.
Engager la conversation
Je suis ouvert à des opportunités de direction, des missions stratégiques, des conférences et des collaborations académiques sur la zone EMEA. Si l’un de ces sujets vous concerne, écrivez-moi.
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